Sorti en février 2012 accompagné d’une maginifique pochette, ce premier volume d’une nouvelle série publiée par le label uruguayen International Feel et intitulée Flights Of Fancy propose deux titres aux accents cosmiques et baléariques.

Cités par des noms tels que Todd Terje ou Soft Rocks, "Love’s A Dancer" et "Tempo Of The Night" (titres ô combien éloquents) nous plongent dans une atmosphère fortement onirique, pour ne pas dire hallucinatoire. Le premier s’illustre par un son italo percussif agrémenté de timbales, des synthétiseurs prog délirants dignes d’un générique de série des années 70, et surtout un solo de piano qui vient compléter cet excellent morceau instrumental. "Tempo Of The Night", dans un registre plus lent et exotique, évoque à force de guitares accoustiques et de delays interminables son lot d’images paradisiaques: couchers de soleil, plages infinies, cocktails tropicaux et j’en passe. On nage en plein délire baléarique…

Entendu pour la première fois sur un mix de Morgan Geist datant de 2004 (de la fameuse série Unclassics), ce morceau de Gaz Nevada, "Special Agent Man" m’avait alors fait l’effet d’une bombe italo-funk.

Sorti à l’origine en 1983 sur le label culte Italian Records, ce bijou vient de reparaître entouré d’autres pépites du même acabit (dont une autre de Gaz Nevada, "I.C. Love Affair"), le tout sous la forme d’un EP de quatre titres à se procurer absolument, qui rend accessible à tous des morceaux jusqu’alors plutôt obscurs et réservés aux collectionneurs. Avec "Special Agent Man", les synthétiseurs sont plus chauds que jamais, la rythmique lente est accompagnée d’un delay hypnotique et envoutant, et les voix masculines et féminines viennent renforcer une sensualité déjà presque intenable.

La production, d’une qualité assez rare pour être remarquée, rassemble indéniablement toutes les qualités qui ont fait l’âge d’or du genre italo. J’en rêve parfois d’être un agent secret italien dans les années 80.

On connaissait le Gainsbourg de "Je T’aime Moi Non Plus", de Melody Nelson et d’Aux Armes Et Caetera, mais le compositeur prolifique de musique de films nous était jusqu’alors inconnu.

"Le Physique Et Le Figuré", 45 tours sorti à l’origine en 1981 et repressé à 2000 exemplaires en 2010, est l’occasion d’y remédier. Il s’agit d’ailleurs de la bande originale d’un court-métrage réalisé par… Serge Gainsbourg lui-même! Impossible de trouver trace de ce film sur le net, on se contentera donc pour l’instant de l’improbable musique électronique et instrumentale qui l’accompagne. Digne d’un morceau de Goblin, groupe de rock progressif italien notamment célèbre pour avoir composé les bandes originales des films de Dario Argento, on nage ici en plein délire sci-fi et italo: le rythme est effréné et les synthétiseurs s’emballent dans un genre symphonique qui suggère une poursuite de film d’action des années 80. Surpenant de la part de Gainsbourg, mais pas dégueu.

Il faut également préciser que le morceau avait été co-écrit et arrangé par Jean-Pierre Sabar, déjà à l’oeuvre en 1976 sur "La Ballade De Johnny Jane", que l’on retrouve dans le film Je T’Aime Moi Non Plus.

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