
Late Nite Tuff Guy, alias Carmelo Bianchetti ou encore DJ HMC, producteur australien officiant depuis Adélaïde, n’a eu de cesse de nous régaler ces dernières années en livrant de multiples edits de perles disco et boogie plus ou moins notoires.
Dans la continuité de cette série impressionnante, Glow, sorti sur l’excellent label Disco Deviance, est à l’origine un tube du groupe de post-disco italo-américain Change, formé en 1979 et fortement inspiré par Chic. Intitulé "The Glow of Love" et extrait d’un album du même nom vendu à un million d’exemplaires aux Etats-Unis, ce morceau est brillamment revisité par le producteur australien, sans rien enlever aux qualités de l’original. Dès l’introduction, le beat est plus house que disco, renforcé par une boîte à rythme dont Late Nite Tuff Guy a le secret (808? 909?…). Les différentes parties de basse, de piano et de guitare se dévoilent et s’enchevêtrent progressivement, samplées et filtrées un peu comme à la grande époque de la French house, avant de laisser place à un chant magnifique, celui de Luther Vandross, qui s’était révélé au grand public avec cet album avant d’entamer une carrière solo.
La face B, "I Want U Back In My Bed", est plus conventionnelle mais tout aussi efficace. Le morceau n’est autre que "Borrowed Love" du groupe The S.O.S. Band, sorti en 1986, qui s’était alors positionné à la cinquantième place des charts anglais.

Alexander Robotnick aka Maurizio Dami est une figure emblématique de la disco italienne. Apparu sur la scène dance au début des années 80, il est aujourd’hui encore actif.
Après le succès de "Problèmes d’Amour", il rejoint Giovanotti Mondani Meccanici (GMM), un collectif spécialisé dans le graphisme multimédia et les installations vidéo. Il compose notamment de l’ambient et des bandes originales pour des films et des pièces de théâtre, puis le groupe sort en 1986, sur le label mythique Fuzz Dance, un EP qui contient deux petits bijoux d’italo. Le premier, "Don’t Ask Me Why", est un morceau aux sonorités post-punk qui aurait pu sortir tout droit de Factory Records, et dont le chant rappelle quelque peu Grace Jones.
Le second,"Love Supreme", évidemment inspiré par le morceau de John Coltrane, est un pur moment de bonheur: répétitif au point d’en devenir grisant, il atteint son apogée avec l’improvisation de saxophone interprétée par Stefano Cocco Cantini, célèbre musicien de jazz italien. Sans aucun doute mon morceau préféré du producteur italien.
Cet EP est devenu difficile à trouver et bien sûr hors de prix, mais Hot Elephant Music, le label d’Alexander Robotnick, a eu la bonne idée de sortir une version digitale de "Love Supreme" en 2011, qui comporte quatre versions différentes du morceau, et disponible sur Juno Download.