Best of 2012
décembre 27, 2012
Après quelques mois d’absence due à un cruel manque de temps libre, il m’a semblé opportun en cette fin d’année de repasser pour mentionner quelques-unes des autres sorties et rééditions qui m’ont le plus marqué en 2012. Bonne année 2013 à tous!
Bepu N’Gali – "I Travel To You"
Ray Mang – "Lock & Pop"
DJ Steve – "Special Cuts 2"
Donnie & Joe Emerson – "Baby"

I:Cube – "In Alpha"
Alexis Raphael – "Into The Light (Hot Natured Remix)"
Soft Rocks – "Talking Jungle (Justin Vandervolgen Remix)"
Session Victim – "Good Intentions"
Idjut Boys – "One For Kenny (Extended LP Version)"
Hot Chip – "How Do You Do (Todd Terje Remix)"
Kiki Gyan – "Disco Train"

Cajmere & Russoul – "Joy"
Storm Queen – "Let’s Make Mistakes (Club)"
Joe Dassin – "Le Jardin du Luxembourg (TeeTwo Mariani Reedit)"

Alexander Robotnick aka Maurizio Dami est une figure emblématique de la disco italienne. Apparu sur la scène dance au début des années 80, il est aujourd’hui encore actif.
Après le succès de "Problèmes d’Amour", il rejoint Giovanotti Mondani Meccanici (GMM), un collectif spécialisé dans le graphisme multimédia et les installations vidéo. Il compose notamment de l’ambient et des bandes originales pour des films et des pièces de théâtre, puis le groupe sort en 1986, sur le label mythique Fuzz Dance, un EP qui contient deux petits bijoux d’italo. Le premier, "Don’t Ask Me Why", est un morceau aux sonorités post-punk qui aurait pu sortir tout droit de Factory Records, et dont le chant rappelle quelque peu Grace Jones.
Le second,"Love Supreme", évidemment inspiré par le morceau de John Coltrane, est un pur moment de bonheur: répétitif au point d’en devenir grisant, il atteint son apogée avec l’improvisation de saxophone interprétée par Stefano Cocco Cantini, célèbre musicien de jazz italien. Sans aucun doute mon morceau préféré du producteur italien.
Cet EP est devenu difficile à trouver et bien sûr hors de prix, mais Hot Elephant Music, le label d’Alexander Robotnick, a eu la bonne idée de sortir une version digitale de "Love Supreme" en 2011, qui comporte quatre versions différentes du morceau, et disponible sur Juno Download.

Sorti en février 2012 accompagné d’une maginifique pochette, ce premier volume d’une nouvelle série publiée par le label uruguayen International Feel et intitulée Flights Of Fancy propose deux titres aux accents cosmiques et baléariques.
Cités par des noms tels que Todd Terje ou Soft Rocks, "Love’s A Dancer" et "Tempo Of The Night" (titres ô combien éloquents) nous plongent dans une atmosphère fortement onirique, pour ne pas dire hallucinatoire. Le premier s’illustre par un son italo percussif agrémenté de timbales, des synthétiseurs prog délirants dignes d’un générique de série des années 70, et surtout un solo de piano qui vient compléter cet excellent morceau instrumental. "Tempo Of The Night", dans un registre plus lent et exotique, évoque à force de guitares accoustiques et de delays interminables son lot d’images paradisiaques: couchers de soleil, plages infinies, cocktails tropicaux et j’en passe. On nage en plein délire baléarique…
Gaz Nevada – Special Agent Man (Female Version) (1983)
avril 23, 2012

Entendu pour la première fois sur un mix de Morgan Geist datant de 2004 (de la fameuse série Unclassics), ce morceau de Gaz Nevada, "Special Agent Man" m’avait alors fait l’effet d’une bombe italo-funk.
Sorti à l’origine en 1983 sur le label culte Italian Records, ce bijou vient de reparaître entouré d’autres pépites du même acabit (dont une autre de Gaz Nevada, "I.C. Love Affair"), le tout sous la forme d’un EP de quatre titres à se procurer absolument, qui rend accessible à tous des morceaux jusqu’alors plutôt obscurs et réservés aux collectionneurs. Avec "Special Agent Man", les synthétiseurs sont plus chauds que jamais, la rythmique lente est accompagnée d’un delay hypnotique et envoutant, et les voix masculines et féminines viennent renforcer une sensualité déjà presque intenable.
La production, d’une qualité assez rare pour être remarquée, rassemble indéniablement toutes les qualités qui ont fait l’âge d’or du genre italo. J’en rêve parfois d’être un agent secret italien dans les années 80.
Giorgio Moroder – E=MC² (1979)
janvier 13, 2012

Ahhh Giorgio! La première fois que j’ai vu ta moustache, ça a été le coup de foudre. De tous les producteurs de disco ayant opéré dans les années 70 et 80, Moroder est sans doute l’un des plus grands. Particulièrement reconnu pour ses hits en collaboration avec Donna Summer ("I Feel Love", "Love To Love You Baby"…) et pour ses bandes originales (Midnight Express, Scarface, Electric Dreams…), il est en revanche moins cité pour ses albums.
Il n’en est pas moins que l’on peut parler de chefs-d’oeuvre de disco en évoquant From Here to Eternity ou E=MC². Précurseur de génie, Giorgio Moroder aurait entre autres utilisé vingt-cinq synthétiseurs et quatre claviers contrôlés par ordinateur (un ancêtre de la technologie MIDI?) pour enregistrer E=MC². On trouve d’ailleurs sur la pochette de cet album l’inscription suivante: "First Electronic Live-To-Digital Album".
On reconnaît la signature sonore caractéristique de Giorgio dans l’extrait "I Wanna Rock You", sorti donc en 1979, avec une rythmique imposante, du vocoder à souhait, un Clavinet qui rappelle un peu "Superstition" de Stevie Wonder, des synthétiseurs séquencés propres au son Italo, et des choeurs disco, le tout fonctionnant en parfaite harmonie.
Au même titre que Cerrone en France, on n’a pas fini de redécouvrir le son de ce géant italien de la production disco du XXème siècle. Giorgio n’est pas mort, vive Giorgio!
