bestofdisco

Ok, tout le monde connaît Cerrone, "Supernature" a fait le tour du monde et ses concerts devant des centaines de milliers de fans en ont fait une sorte de Jean-Michel Jarre de la disco.

Mais avant Cerrone, il y a Kongas. A la fin des années 1960, Marc Cerrone est découvreur de talents au Club Med. Son premier groupe s’appelle Kongas, est formé en 1972, et a parmis ses membres des personnalités qui vont compter pendant les années disco: Raymond Donnez aka Don Ray, Alain Wisniak, Alec R. Costandinos, et Cerrone. Le groupe est vite repéré par Eddie Barclay, qui produit son premier single "Boom". C’est le début d’une carrière impressionnante.

La compilation Best Of Disco réunit des pépites de disco relativement peu connues, produites par Cerrone et publiées sur son propre label, Malligator. Kongas en est un exemple, mais on y trouve aussi des morceaux de Don Ray, Revelacion, Pado & Co, Five Letters, Cristal, Max Berlin (le frère de Marc Cerrone?) et Cerrone lui-même. Le morceau "Tatoo Woman" de Kongas est extrait de l’album Africanism, sorti en 1977, et contient tous les ingrédients qui ont fait le succès de Cerrone par la suite: un chant soul agrémenté de choeurs disco, un rythme implacable (batterie, basse et percussions), des guitares funk à souhait, et des solos de synthétiseurs tous plus baléariques les uns que les autres.

Le reste de la compilation est du même accabit, tout est marqué d’une production impeccable et avant-gardiste pour l’époque, qui témoigne du talent d’un musicien hors norme. La pochette vaut également le détour, c’est d’ailleurs un autre élément récurrent dans la discographie de Cerrone.

thebackwoods

Sorti au Japon en février 2011 et disponible en import pour la modique somme de près de trente Euros (vraiment?), l’excellent morceau "Breakthrough" de The Backwoods vient enfin de voir le jour en Europe sur le label de DJ Kaos, Jolly Jams.

The Backwoods est le projet solo du Japonais DJ Kent (Kento Sasaki), moitié du groupe de producteurs de hip hop Force of Nature, et actif depuis une bonne dizaine d’années. "Breakthrough", morceau métronomique et organique, fait s’entremêler basse disco, piano house/jazz et guitares funky en parfaite harmonie à la manière de Faze Action, et se voit décerner la médaille de la meilleure production de piano house de la fin des années 1980. Oui enfin je veux dire, des années 2010… Le remix de DJ Kaos sur la face B, beaucoup plus actuel, est tout aussi jubilatoire, et parvient à ne rien enlever au pouvoir hypnotique de l’original (ce piano, décidément incroyable).

Déjà joué par Idjut Boys, DJ Harvey et Prins Thomas, "Breakthrough" se fraye un passage remarqué parmi les sorties si nombreuses de ce début d’année 2013. Ce n’est que le début on l’espère.

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Derrière le label Lectric Sands se cachent Ben Gebhardt et Jeremy Campbell (alias Tropical Jeremy). Derrière le projet Zoovox se cachent Ben Gebhardt et Jeremy Campbell.

Installés à New-York, dans un studio de Brooklyn, ils ont sorti en 2012 quelques morceaux de house lo-fi peu remarqués mais néanmoins très réussis. Entre autres, "Transistor Madness", et "Gymnesian Nights", dont je préfère présenter ici la seconde face B, "Gymnesian Dawn". Vous l’aurez compris, il s’agit d’une version revisitée du titre principal: plus épurée et plus cosmique, elle n’en garde pas moins l’essence house et baléarique du morceau. Les vagues de synthétiseurs très ambient, les petites touches de guitares électriques et les percussions noyées dans la reverb et le delay en font un morceau idéal pour vous accompagner à la plage l’été prochain, évoquant à la fois soleil levant, dunes de sable fin et grands espaces marins. La pochette et le design du rond central semblent d’ailleurs confirmer cette théorie.

Décidément, Tropical Jeremy porte bien son nom, et Lectric Sands aussi.

Best of 2012

décembre 27, 2012

Après quelques mois d’absence due à un cruel manque de temps libre, il m’a semblé opportun en cette fin d’année de repasser pour mentionner quelques-unes des autres sorties et rééditions qui m’ont le plus marqué en 2012. Bonne année 2013 à tous!

Bepu N’Gali – "I Travel To You"

Ray Mang – "Lock & Pop"

DJ Steve – "Special Cuts 2"

Donnie & Joe Emerson – "Baby"

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I:Cube – "In Alpha"

Alexis Raphael – "Into The Light (Hot Natured Remix)"

Soft Rocks – "Talking Jungle (Justin Vandervolgen Remix)"

Session Victim – "Good Intentions"

Idjut Boys – "One For Kenny (Extended LP Version)"

Hot Chip – "How Do You Do (Todd Terje Remix)"

Kiki Gyan – "Disco Train"

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Cajmere & Russoul – "Joy"

Storm Queen – "Let’s Make Mistakes (Club)"

Joe Dassin – "Le Jardin du Luxembourg (TeeTwo Mariani Reedit)"

Sorti en février 2012 accompagné d’une maginifique pochette, ce premier volume d’une nouvelle série publiée par le label uruguayen International Feel et intitulée Flights Of Fancy propose deux titres aux accents cosmiques et baléariques.

Cités par des noms tels que Todd Terje ou Soft Rocks, "Love’s A Dancer" et "Tempo Of The Night" (titres ô combien éloquents) nous plongent dans une atmosphère fortement onirique, pour ne pas dire hallucinatoire. Le premier s’illustre par un son italo percussif agrémenté de timbales, des synthétiseurs prog délirants dignes d’un générique de série des années 70, et surtout un solo de piano qui vient compléter cet excellent morceau instrumental. "Tempo Of The Night", dans un registre plus lent et exotique, évoque à force de guitares accoustiques et de delays interminables son lot d’images paradisiaques: couchers de soleil, plages infinies, cocktails tropicaux et j’en passe. On nage en plein délire baléarique…

Cela fait maintenant quelques années que l’on suit l’évolution de l’un des musiciens les plus présents sur la scène électronique française: Joakim. Patron du label Tigersushi, producteur de groupes tels que Zombie Zombie ou encore Poni Hoax, DJ et remixeur à ses heures perdues, et surtout auteur de quelques albums très remarqués ces dernières années (Nothing Gold étant le dernier en date), notre homme ne doit pas s’ennuyer.

Il était donc temps de le mentionner dans ces pages, et pour l’occasion de (re)découvrir l’un de ses meilleurs remixes, celui de "Camino Del Sol" par Antena, sorti en 2006 sur Permanent Vacation, en bonne compagnie… d’une version de Todd Terje. Ce qui frappe instantanément à l’écoute de ce morceau est son caractère cinématographique: house certes, mais surtout très sombre, il commence comme sorti tout droit d’un film de John Carpenter, c’est-à-dire avec un beat simple et efficace, une basse synthétique à vous glacer le sang dans les veines et des voix fantomatiques dignes de Suspiria (le chef-d’oeuvre de Dario Argento), avant de se développer crescendo vers un climax de film d’horreur qui suggère une menace omniprésente.

Ce remix est remarquable d’intensité narrative, à tel point que l’on se prend à rêver que Joakim s’attaquera un jour à la bande originale d’un film, aussi médiocre soit-il. Il aurait beau être un navet, on se satisferait aisément de la bande son.

On connaissait le Gainsbourg de "Je T’aime Moi Non Plus", de Melody Nelson et d’Aux Armes Et Caetera, mais le compositeur prolifique de musique de films nous était jusqu’alors inconnu.

"Le Physique Et Le Figuré", 45 tours sorti à l’origine en 1981 et repressé à 2000 exemplaires en 2010, est l’occasion d’y remédier. Il s’agit d’ailleurs de la bande originale d’un court-métrage réalisé par… Serge Gainsbourg lui-même! Impossible de trouver trace de ce film sur le net, on se contentera donc pour l’instant de l’improbable musique électronique et instrumentale qui l’accompagne. Digne d’un morceau de Goblin, groupe de rock progressif italien notamment célèbre pour avoir composé les bandes originales des films de Dario Argento, on nage ici en plein délire sci-fi et italo: le rythme est effréné et les synthétiseurs s’emballent dans un genre symphonique qui suggère une poursuite de film d’action des années 80. Surpenant de la part de Gainsbourg, mais pas dégueu.

Il faut également préciser que le morceau avait été co-écrit et arrangé par Jean-Pierre Sabar, déjà à l’oeuvre en 1976 sur "La Ballade De Johnny Jane", que l’on retrouve dans le film Je T’Aime Moi Non Plus.

Sorti pour la première fois en 2008, ce premier volume des edits Try To Find Me proposées par Justin Van Der Volgen, ancien membre de Out Hut et !!!, et officiant toujours au sein de TBD, vient d’être réédité sur le label Golf Channel Recordings.

Deux bijoux que les fans de nu-disco et de sonorités baléariques apprécieront sans modération: la face A, "Make Dance" est une edit d’un morceau de Chic, "Flash Back", extrait de l’album Take It Off, et la face B, "Sir Mr Doctor To You", une edit de la chanson "Dr Love" de J.C. Barreto.

Dotées de claviers groovy, de basses disco, de percussions sensuelles et de solos de synthétiseur agrémenté de VCF, le tout avec une touche d’ironie ("I’m Your Dr Love"…), ces perles rares nous rapprochent un peu plus du bonheur que l’on continue de chercher.

A noter que Van Der Volgen a récemment été l’auteur d’un mix remarquable sur Beats In Space.

Acid Washed est de retour avec un EP qui nous fait saliver avant la sortie de leur prochain album chez Record Makers courant 2012. Nous avons interviewé les nouveaux princes de la French touch afin d’en savoir plus:

Tout d’abord, félicitations pour la sortie de votre nouvel EP ‘For Your Eyes Only/Prince Acid’. Votre premier album est apparu il y a bientôt deux ans, que s’est-il passé depuis?
Andrew: Merci. Nous avons fait beaucoup de dates ces deux dernières années. Nous avons voyagé sur tous les continents sauf l’Australie. Ce fut un peu comme un tour de deux années. Nous avons aussi réalisé des remixes pour Yuksek, Rebotini, Scratch Massive, Casey Spooner, Dan Haaksman etc. Nous avons dernièrement enregistré plein de nouveaux tracks qui vont constituer notre prochain album…
Richard: Thanks! Oui, comme le dit Andrew, on a beaucoup, beaucoup voyagé. Acid Washed nous a emmené du campus d’Ithaca en Nouvelle-Angleterre aux boîtes chinoises de Surabaya, plus grand port d’Asie du Sud-Est… Tout mon plaisir est là, dans le voyage et les rencontres. Voir le monde, c’est une chance inouïe, le privilège d’une vie.

Sur le nouvel EP, le titre "Prince Acid" a été produit avec Prince 85. Qui est Prince 85 et comment est apparue l’idée de cette collaboration? Avez-vous également travaillé avec Arnaud Rebotini sur le remix de "For Your Eyes Only" ou a-t-il opéré tout seul?
Andrew: Prince 85 est un artiste de Paris. Nous l’avons rencontré par des amis en commun. Dès que nous avons ecouté sa musique nous avons eu l’envie de travailler avec lui. Nous nous sommes echangé des files par emails et Prince Acid est né de ces échanges virtuels! Pour le remix Arnaud Rebotini a bien sûr opéré tout seul comme un grand (homme qu’il est!)…
Richard: C’est un très jeune type, qu’on suit, et dont on aime beaucoup le travail, quel que ce soit les médias qu’il détourne et utilise (musique, peinture, etc.)… Nous avons initié avec lui une série de collaborations qui se retrouveront sur l’album à venir…

Sur le site de Record Makers, on peut lire que vous utilisez de l’équipement analogique. Y a t-il une ou plusieurs machines en particulier dont vous vous êtes servi pour la production de cet EP? Et quel(s) software(s) utilisez-vous?
Andrew: Pour cet EP nous avons utilisé principalement ces machines: Korg Monopoly, Roland MC-202, Doepfer Dark Energy, Roland TR-707, MFB-502 etc. Nous avons utilisé Ableton Live pour les premiers pas et Pro Tools pour le mix final.

Préférez vous en général le studio, les DJ sets ou les performances live?
Andrew: C’est difficile de faire un choix. J’aime les trois disciplines. Chacune amène un "frisson" différent. Vraiment aucune préférence: j’aime les trois!
Richard: Franchement, le DJing, c’est ce qu’il y a de plus facile, et de moins risqué aussi. Tu te fais plaisir à 100%, le rapport au public est immédiat et total. Moi je sais que j’ai suffisamment de cartouches pour plaquer les gens au sol pendant une heure et demie ou même en all night long. Avec le live, tu dois convaincre, conquérir, les gagner. Tu est jugé beaucoup plus, évidemment. Mais si ils adhèrent, ça peut être magique, et très gratifiant, car c’est ta musique, ton projet, ton truc à toi qu’au final le public aime et valide.

Y a t-il un projet de live show pour accompagner la sortie du prochain album? L’identité visuelle très graphique et colorée du premier album va-t-elle évoluer?
Andrew: bien sûr mais tout ça reste encore secret.

Pouvez-vous recommander cinq de vos morceaux préférés du moment?

Andrew:
Storm Queen "It Goes On"
Drexciya "Sighting In The Abyss"
Acid Washed "For Your Eyes Only" (Arnaud Rebotini Remix)
Justice "Brianvision"
Moon Pool & Dead Band "Inches Of Mercury"

Richard:
Isaac Hayes "Walk On By"
Lana Del Rey "Born To Die"
Nina Simone "Ain’t Got No, I Got Life"
Judah Warsky "Painkillers & Alcohol"
Koudlam "Alcoholic’s Hymn"

Vous pouvez trouver les dates à venir du duo sur le site de Record Makers.

Boof n’est autre que l’un des innombrables projets de Maurice Fulton, musicien hyperactif et bassiste invétéré que nous avions découvert peu après la sortie de I’ve Got My Eye On You de Syclops en 2008 sur DFA.

Shhh, Dandelions At Play est le troisième album de Boof, et oscille entre house, funk, disco, jazz et electronica. Les habitués de Fulton sauront sans aucun doute reconnaître le style étonnant du maître originaire de Baltimore, un son unique marqué par un slap quasi-omniprésent (la basse est régulièrement utilisée comme instrument solo), des rythmes latino et baléariques, un usage répété de claps et de délais, et des digressions de piano et de synthétiseur toutes plus folles les unes que les autres. Ce mélange explosif dont les fondations sont de solides beats disco se démarque surtout de la plupart des productions actuelles par ses riffs qui se décalent et s’enchevêtrent, un peu à la manière du jazz-funk.

A écouter en prime de l’extrait "Now She’s Jumping" proposé ci-dessous, un excellent Podcast réalisé par Maurice Fulton fin 2011 pour DJ Magazine.

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