Alexander Robotnick aka Maurizio Dami est une figure emblématique de la disco italienne. Apparu sur la scène dance au début des années 80, il est aujourd’hui encore actif.

Après le succès de "Problèmes d’Amour", il rejoint Giovanotti Mondani Meccanici (GMM), un collectif spécialisé dans le graphisme multimédia et les installations vidéo. Il compose notamment de l’ambient et des bandes originales pour des films et des pièces de théâtre, puis le groupe sort en 1986, sur le label mythique Fuzz Dance, un EP qui contient deux petits bijoux d’italo. Le premier, "Don’t Ask Me Why", est un morceau aux sonorités post-punk qui aurait pu sortir tout droit de Factory Records, et dont le chant rappelle quelque peu Grace Jones.

Le second,"Love Supreme", évidemment inspiré par le morceau de John Coltrane, est un pur moment de bonheur: répétitif au point d’en devenir grisant, il atteint son apogée avec l’improvisation de saxophone interprétée par Stefano Cocco Cantini, célèbre musicien de jazz italien. Sans aucun doute mon morceau préféré du producteur italien.

Cet EP est devenu difficile à trouver et bien sûr hors de prix, mais Hot Elephant Music, le label d’Alexander Robotnick, a eu la bonne idée de sortir une version digitale de "Love Supreme" en 2011, qui comporte quatre versions différentes du morceau, et disponible sur Juno Download.

De retour avec une sélection de morceaux boogie venus des quatre coins du monde, le Turc Onur Engin nous enchante une nouvelle fois avec ses édits subtiles, groovy et lancinantes.

"Step Into The Light" est un incroyable morceau de funk japonais de Toshiki Kadomatsu, extrait de l’album After 5 Clash. Hormis l’absence du rap sur la version d’Onur Engin (peut-être le seul élément permettant de détecter son origine nippone), il est presque impossible de déceler les différences avec l’original datant de 1984, étant donné la qualité médiocre des échantillons présents sur le net.

"I’ll Be Good" est le neuvième single du duo américain René & Angela, qui a atteint la quatrième place des charts R&B en 1985. Travaillée depuis le mix dub du 45 tours, la version du producteur turc se démarque par une rythmique plus musclée, avec des breaks ajoutés et une basse synthé mise en avant. Il supprime encore une fois le chant lead, et en fait un morceau idéal pour enflammer les foules.

Dans un genre très garage-boogie, "Do It To The Music" est le premier single du groupe américain Raw Silk, qui a atteint la cinquième place des charts Dance en 1982. On remarque une production plus cristalline sur l’édit d’Onur Engin, qui dans l’ensemble conserve la totalité du chant lead et du solo de saxo. Un classique remis au goût du jour.

Enfin, pour finir en beauté, l’excellent "Nomalizo" de la chanteuse de jazz sud-africaine Letta Mbulu est magistralement retouché par le maître de l’édit. Légèrement accéléré, doté d’une section rythmique plus "dance" que l’original, le morceau d’afro-boogie n’en garde pas moins tout son groove et son élégance, grâce notamment à la voix envoutante de Letta Mbulu. Nomalizo!

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